Page d'accueil
  A propos
  Archives
  Livre d'or
  Contacts
 


 
Liens
   Romance
   Tabatha
   Piccolofio
   Barbarian
   Anthropologie des corps glorieux
   Lhommedumoment

http://20six.fr/effeuillee

Hébergé par 20six.fr



 
Automne

C'est l'automne et l'effeuillée débarasse le plancher.

 

Entre deux portes, venez vous glisser

 

A LA DEROBEE 

26.9.07 14:04


La chasse à l'homme recommence

Ligne 9, vers Trocadéro, peu avant 9h : ballottés dans la rame bondée sous les soubresauts dûs à l'inexpérience ou à l'ivresse du conducteur, d'où arrêt fréquent de la rame en pleine voie, nous entendons soudain la voix off, ni chantante ni obséquieuse - c'est inhabituel, Big Brother revêtant généralement le timbre doucereux de Blanche Neige faisant la classe aux nains - "Y peut descendre, le SDF, en voiture 4" ? C'est répété, sur le même ton vulgaire, et j'aimerais bien lui répondre, à ce chauffeur qui aurait pu savoir conduire à défaut de savoir s'exprimer, que le prétendu SDF a bien le droit au moins de bénéficier des transports en public tant qu'un aimable contrôleur n'a pas vérifié son titre de transport.

 

Ligne 9, Franklin Roosevelt, 17h15 : même voix off, on dirait le même, à part qu'il a un peu dessaoûlé depuis le matin : "on nous signale un pick pocket" et aussitôt, il descend de voiture et vient virer un SDF (encore un ! Mais sacrebleu, ils n'ont pas de maison, ces SDF, pour traîner toute la journée dans le métro des honnêtes gens qui travaillent ?) Pris d'engouement pour cette fine activité, deux honnêtes travailleurs jugent opportun d'intimer à un groupe de femmes, gitanes, dont une enceinte, de descendre de voiture - puisqu'il faut bien désengorger le wagon, autant commencer par les pick pocket présumés.

 

"Ah mais si elles descendent, je descends aussi" je dis, en me levant. (Pendant ce temps, le chauffeur se fait plèz en gueulant sur je ne sais pas qui)

"Elles vous ont volé quelque chose ?" j'ajoute, à l'intention de l'honnête homme. "Il y a eu un vol, dans cette voiture ?" (mais sincèrement, je demande ça, en songeant : qui a bien pu dénoncé les "pick pocket" ?)

"Non, mais elles font ça toutes la journée" il se démonte pas, le gars, avec son air de bourgeois apeuré version 1939. "Ca s'appelle de la discrimination, monsieur. Si vous voulez qu'elles descendent, vous devrez me faire sortir avec elles" je réponds, parce que merde. Je demande aux femmes ce qui se passe. Rien, disent-elles. On sait pas. Merci, elles me disent merci. "Vous devriez faire attention à vos affaires" il balance. "Je le fais, dîtes-vous bien, et faîtes de même, vous n'aurez pas de problème". Je suis en colère. On se défie du regard encore quelques secondes.

Elles descendent à la station suivante, merci encore. Mais je vous en prie, mais enfin c'est normal.

A la sortie je vais voir les employés du bureau d'informations. Je leur demande si un chauffeur peut exclure un passager. Oui, parce que c'est vigipirate rouge, et que si les passagers sont considérés en danger, alors le chauffeur est habilité à le faire. La présomption d'innocence ? Ah mais il faut être vigilant. "attentifs ensemble". Chaque jour des bandes règlent des comptes Gare du Nord. Des passants agressés. (Ptain c'est la zone Paris. Chui complètement out, moi. Ai l'impression stupide de barboter tranquille dans un univers qui ne l'est pas moins.) Le nombre d'attentats déjoués depuis Saint-Michel 95 ! On le dit pas aux passagers, pour ne pas leur faire peur. Merci RAteupeu.

 

L'autre jour O. voit des flics intercepter des garçons basanés et les asticoter comme ils aiment bien le faire pour pas perdre la main. Un sexagénaire passe et, entre ses dents, filtre l'angoissante réplique : "la chasse à l'homme recommence"...

 

18.9.07 19:06


On est samedi soir j'ai quitté la place sans être lasse, juste pour retrouver ici qui est chez moi mais pas encore tout à fait parce qu'il faut squatter par terre et se contorsionner pour taper et la lumière trop forte.

Le temps imparti à se remémorer un bout d'après-midi. 

Lignes droites déroulées au bord de l'eau, des verres de blanche en haut de la Maison de l'Air où se dissolvent la marée de toits et le sommet de la tour effilée.

 

Le temps réservé à convoquer un bout de semaine.

 

Lorsqu'il est arrivé dimanche la vie s'est retournée, regonflée, bouleversée dans un sourire accroché à sa peau comme mes doigts à ses épaules. Les nuits brèves dans son souffle.

Son ventre exhibé à mes yeux comme un ventre d'enfant confiant. Nos sexes ouverts à nos yeux à nos bouches à nos sexes dans un appétit réjoui au point que nous aurions pu les échanger pour lse les offrir à nouveau.

Jouissance cognitive : se représenter avec minutie la moindre parcelle intérieure pénétrée, jusqu'à l'éclat.

Je le surplombe, caressée du vent de son regard, fesses transpercées, tout se joue dans mon dos tandis que je lui fais face, seins tendus à craquer, s'épancher l'un en l'autre, s'écouler, se sonder, c'est quelqu'un que je connais sous la peau.

Erotisée,

Brûlée un peu.

Succomber un après-midi en fin de formation insignifiante à des sommeils démantibulés aux cohérences secrètes.

Revoir en plein Paris la première rencontre d'il y a quatre ans à I.

 

Qui m'appelle, aussitôt reconnue.

 

Evoquer les aventures, horizon de fantasme.

 

Flirter avec l'inenvisageable, rencontres harmonieuses et multiples, le corps débridé jetterait les dernières retenues. 



Monde sensuel rêvé où Paris joue ses cartes dans un battement d'ailes. 

 

 

15.9.07 23:28


Retour ici

 

mais au rythme et à la lumière de néon du cyberdortoir

 

donc c'est pas simple de chuchoter alors que tous autour connaissent cette langue qui est la mienne - on a beau être dans le 18e entouré d'anglicistes d'Afrique

j'aurais tout pour être heureuse mais

 

mais j'ai égaré un immense pan de moi-même

 

j'aurais tout pour être heureuse ayant affirmé un amour sur le papier il y a deux jours en  compagnie de celui que

celui qui

 

ayant fêté ça en grande ivresse sensuelle au fond du jardin verdoyant jusque dans l'eau glacée du coeur de la nuit, dans le bassin de pierre

 

mais le temps de décanter

d'arriver à dormir ici dans la fraîcheur de fin août

 

le temps d'endiguer la new life wave

 

je me dérobe à mon corps

escamotée

 

ça ne se voit pas en somme mais : je suis à l'ouest 

  

 

30.8.07 12:30


Minuit

Minuit. La malédiction du 15 août est levée. I have to go. Peut-être est-ce enfin le début de la nouvelle vie – j’avais pas eu le temps de quitter I.

I. dont je n’ai tiré que 40 kilos de bagages. A I. j’ai laissé mon bureau gris en contreplaqué avec l’ordinateur noir dessus, au bord de la fenêtre sur cour où pépiaient les moineaux à 5h lorsque la voix du muezzin accueillait le jour qui s’ébrouait. J’ai laissé les soleils cristallins s’échouer dans le B. sans plus aucun de mes regards désormais. J’ai laissé un mixer dans la cuisine, et l’Ange l’utilisera peut-être les jours de fête avec la sauvageonne rieuse. J’ai laissé une cocotte rutilante, j’ai laissé une télé, j’ai laissé le sémaphore, j’ai laissé mon ancien amour sur l’autre rive, j’ai laissé ceux qui m’appelaient madame, j’ai délaissé les ondes, je me suis tirée dans un rire. J’ai laissé celle qui m’a appris à chorégraphier l’anodin.

J’ai laissé les débuts prometteurs d’un amour lointain. Pour le vouer à un destin de chronolove sncf.

J’ai laissé les jus de fruits pressés sur le pouce près du petit marché. J’ai troqué les embarcadères contre des stations de métro. Le bagout savoureux et bruyant contre les accents frais et cassants de la langue romantique – sans mystère.

J’ai refermé la parenthèse. Je suis rentrée. Un voyage de quatre ans, ce n’est plus un suspens, c’est un nouvel étage de la vie. Me voici en France, des gens nouveaux mais aux allures familières me demandent où j’habite. Je ne sais pas. D’où je viens. Je viens d’une région morose, mais vous savez ça fait longtemps que je. J’ai du mal à énumérer toutes mes destinations, je n’y suis plus. Et qu’est-ce que tu fais. C’est sûr, ce n’est plus très bandant, dit comme ça.

Ca tient à un fil donc.

J’ai semé ma vie aimée, et je suis comme une con là.

J’ai pensé à un homme, pendant tout ce temps. Avant de franchir le pas.

Cet homme virevolte à distance raisonnable de mes projections. Je suis perdue.

Rien à faire.

Enfin écrire, un soir sur page blanche sans accès à la Toile.

Je repars après-demain matin. J’aime bien les trains aussi. J’aime bien les trains.

Je n’ai pas encore les épaules de ma nouvelle vie. Je rentre chez ceux qui pourraient me réconforter, mais non seulement ils ne comprennent rien, mais comme d’hab je suis jetée – putain les salauds, complètement déconnectés, à aucun moment ils ne songent à fêter ma réussite. A se réjouir d’une perspective de bonheur pour ma gueule. Le père refuse de rencontrer l’homme que j’aime.

Encore à moi de jouer les tempérées, de brosser le tableau pour la mère. Mère embourbée dans cette belle merde. Ils sont tous fous dans ce huis-clos. De la plus jeune à la plus vieille. Et malgré tout je n’arrive pas à rompre avec ces dingues. J’y reviens. Âme en quête de repos. Stupide aspiration. Mais je n’avais nulle part où aller pendant quatre jours. Le courage d’aller nulle part sauf ici. Quelle conne.

Je refuse toute complaisance sur moi-même, ce serait gonflé je me dis – mais si seulement quelqu’un sondait un peu du regard cette douleur sourde que je porte. Je fuis ceux qui ne peuvent soutenir ça, soit que je ne les aie pas vus depuis longtemps, soit qu’eux-mêmes…

Demander ça à l’homme que j’aime, c’est pas possible, c’est l’impasse. Je me suis demandé pourquoi j’abdiquais comme ça. Elle, la forte, son recul, son humour, son aptitude à abattre un de ces tafs…

Et puis j’ai assumé d’être rentrée pour lui. Aussi pour lui. Je lui ai demandé de s’engager merde. Je n’ai plus peur de balancer de tels trucs : choisis. Arrêtons de traîner ça en longueur.

Depuis qu’il m’a dit : out les formalités, je te rejoindrai où que tu sois – illusion ou ?

Ses allusions renaissent, comme une fleur spontanée. Ses mots doux. Je suis triste. A-t-il peur de m’aimer, lui aussi ?

Faire l’amour avec lui

Ce voyage, je ne peux même plus en parler tellement

Tellement

C’est la lune

Sous les graviers.

Dans l’ombre de la fenêtre du mur en ruine.

Nos sexes sont tendres amis. Mon corps s’ouvre, d’une source intarissable, et s’il le faut jusqu’à se déchirer

Pour l’accueillir dans toute sa généreuse présence, souple et bondissante, sauvage aussi. J’aime voir ses regards s’étirer, son buste s’exhiber au-dessus de moi, ses gémissements surgir lorsqu’enfin.

Ô l’insolence des rondeurs que je reluque, agenouillée, et qui, vertige, accentuent sa cambrure. Ô l’or brun que je goûte à même la peau.

Viens, bien profond dans mes chairs, je crie dans la demi-conscience du petit matin recru d’épuisement. Impérative ainsi, ça le trouble.

Il y a des moments, ça bascule, tu pourrais me faire n’importe quoi, je t’abandonnerais mon corps et tu pourrais en faire ce que tu veux. Dis-le moi quand ça t’arrive. J’ose pas.

Depuis des heures on marche dans la grasse abondance verdoyante des vallées. On plonge dans les délices évocatoires de nos hanches en cadence. Désir éveillé, moi j’ai tant besoin de tendresse mon amour j’ai tant besoin.

Comment se fait-il que jusqu’à présent tu n’aies pas poussé si loin l'érotisme ?

Que je sois double, que j’aie retenu quelque chose…

Que cette sauvagerie ait été inaccessible, même pas envisagée, improbable…

Nous ne nous étions pas encore rencontrés. Non, ce n’est pas ce que tu crois. Nous, mûrs comme les fruits à l’heure où nous les avons cueillis. Toi qui es celui que tu es et moi qui suis celle que je suis. En ce moment, en plein devenir.

Bien que je ne sois pas à l’heure. Je trouvais ça bizarre aussi, de surfer à ce point sur les chapeaux de roue. Tu vois, dès que le train ralentit, je suis complètement déboussolée. En retard sur la vie que moi-même je me suis concoctée.

Heureusement, à cette heure-ci, j’ai de nouveau dans l’oreille des rengaines que je me suis collées en boucle dans la tête pendant un mois. A l’heure où j’ai réappris ce qu’était une antanaclase. Je ne suis plus portée par nul projet d’urgence. Il ne m’arrive plus trente anecdotes croustillantes par jour.

C’est l’apodose. Va falloir tout recommencer, pas à pas, et je sais comment on fait en plus, mais j’y arrive pas, parce que je ne choisis pas le rythme des jours dans ces endroits qui ne sont pas chez moi.

Et chez moi, c’est à Paris, y a une rumeur de boulevard pas possible et c’est le bordel, je dois encore choper des meubles, je retarde le moment.

Tu me dis d’écrire, de me pousser au train, et je croyais que peut-être. Mais évidemment, comment penser à des personnages si fragiles qui mènent une existence plus ou moins figée, éclipsée par celle qui me déboussole ainsi, et qui ne manquera pas de les affecter un de ces quatre.

Une heure que j’écris des trucs insatisfaisants, l’armagnac ambré est fini, je suis naze, peut-être un peu plus remplie mais pas si satisfaite de cette prose.

La prose-étape.

Je relis.

C’est pas si pire.

Je posterai ça sur un vestige de blog, demain. J’aime pas le mois Doute.

16.8.07 12:19


Reset

Tout effacé

mais non

 

- tout végète souterrain - 

 

je suis ici

à la case départ

 

et je ne sais pas trop quoi faire face à ce vide de complaisance

fait chier la France

 

on s'en doutait

on a beau se préparer

 

un retour c'est un retour

j'accuse le coup

 

sur le chemin de l'enfance

toutes les voies s'ouvrent encore

 

bien sûr

 

et elle est vernie celle-ci

à qui ces derniers mois ont si bien réussi

 

bah c'est comme ça les changements

j'ai plus trop d'énergie

 

surtout pas trop de recul

j'appréhende

 

des semaines j'ai vécu auprès de l'amoureux

et on s'était jamais sentis aussi distants

 

(bon je balance tout ça abruptement, à quoi bon - je ne sais même plus m'exprimer, et surtout pas avec discernement)

 

période incertaine de bouillonnements brouillons 

 

- je vais revenir - 

14.8.07 16:04


Equilibre

Féminité, adieu aux armes puisque le passé se fige et que je n'en suis plus nostalgique -ENFIN ! Oui, soupir, respiration, bâillement, habiter le corps vivant du centre à la peau

OUI !

Jovialité, fenêtre ouverte, sourire plein feux

éblouissante dit un homme qui m'a embrassée il y a quelques mois et ce malgré sa jolie femme

Ca picote

au creux du ventre

la confiance règne

ça ne peut pas durer je dis à l'Ange

elle répond "c'est l'insoutenable légèreté de l'être" on y aspire constamment mais ça ne tient pas

foule feux brillants

on rentre et il vient après deux whiskys

crazy girl il ne peut pas s'empêcher de jouir et c'est beau

l'abandon

mystère qui court le long des épidermes et éclate au plus profond

 

 

 

 

2.12.06 17:28


 [page précédente]



L'auteur du blog est responsable de tous ses contenus. Ouvrez votre blog sur 20six.fr ou myblog.de